Le marqueur mauve

J’ai réfléchi une bonne partie de la semaine à quel serait le sujet de mon billet. J’avoue que le sujet n’est jamais venu.

J’en suis venu à réfléchir à plusieurs choses et perdre peu à peu ma concentration, entre autre dans le souper que j’allais faire le soir, mon stylo noir qui ne fonctionne plus, l’écran d’ordinateur de mon voisin qui scrolldown sur Facebook… Il est 10h25, la coop de l’université est ouverte, donc je peux aller chercher un nouveau stylo noir. Ah … Mais en même temps, il y a la vente de garage qui est présentement dans l’atrium de l’université et les tuques sont belles.

Et voilà que mon regard se pose sur mes bottes vertes que j’adore mais qui commence à décolorées et devenir molles. Je pourrais aller voir sur internet s’il y aurait un modèle qui me plait. Je me retrouve donc après le cours devant un écran d’ordinateur à regarder tous les modèles de chaussures sur le site de la marque que je porte à mes pieds.
Mon panier se remplie peu à peu. Je le visionne, jette un coup d’œil rapide à l’ensemble de son contenu et ferme directement la fenêtre sans passer de commande.

Lorsque plus tôt, dans le cours, je me disais que j’aimerais bien une nouvelle paire de chaussure, il est arrivé quelque chose d’extraordinaire. Au moment même ou le désir d’une nouvelle paire de chaussure se formait dans ma tête, le professeur a dit une phrase assez explicite sur la consommation de masse.
Immédiatement, j’ai été mise devant le fait accompli comme si j’étais un chat et que mon museau était planté de force dans le pipi que j’avais fait dans le coin du mur ; oui je fais partie de cet engrenage de demande, d’envie et de consommation. J’ai eu comme une gêne de voir exposer ma surconsommation de manière aussi flagrante tout en m’étant impersonnellement adressé.

Malgré ce malaise qui m’a suivi le reste du cours, je suis tout de même aller voir sur le site. Mais comme bien des fois, j’ai fait du lèche vitrine virtuel sans rien acheter. Je me suis fait la réflexion que finalement je n’avais rien consommé.

Mais bon… C’est une belle fable que je me fais dans ma tête, puisque je consomme tout de même. Je viens de créer une envie que je n’ai pas comblé et qui ne demande qu’à l’être. Combien de fois je vais retourner sur ce site pour regarder encore et encore les mêmes choses ? J’aimerais bien me dire que je ne fais pas partie de cette spirale sans fin. Et peut-être que c’est justement en ayant l’envie de quelque chose que je vais me départir de cette consommation. Rien n’est meilleur que l’envie. Une fois qu’elle est comblée, il n’y a plus rien de satisfaisant.

Alors, j’ai été m’acheter un marqueur mauve.

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